J'ai mal à mon social

J'ai mal à mon social, ce titre fait référence au livre "jai mal à ma mère" du Docteur Lemay. La plupart des éducateurs et des professionnels du domaine médico-social doivent connaître ce livre.

En résumé, sans vouloir raconter ce qui est écrit, le sujet parle d'un relation délicate qui perdurait entre la mère et son enfant tel un cercle vicieux.

Durant mes années de pratiques professionnelles dans le domaine social, j'ai été souvent amené à constater des dysfonctionnements comme il peuvent en exister dans d'autres domaines. 

Des interactions, des enjeux existent dans chaque environnement. Toutefois pour ma part, le domaine du social est un monde à part ce qui en fait un système à part entiere mais vraiment distinct.

Ce questionnement, je pense que d'autres ont déjà dû le faire auparavant. Cependant en ce qui me concerne du fait que je suis originaire d'un autre secteur. Certaines choses m'ont interpellé voire choqué de constater certaines convenances ou usages.

Oeuvrant dans une association, par définition, au sein de ses structures, il n'y a aucune activité commerciale. Les ressources dépendent donc des fonds publics qui doivent être logiquement utilisés à bon escient. Ce principe de base est surtout vrai lorsque ces fonds publics sont versés aux organismes à but non lucratif créés pour combler les manquements de l'Etat français et de leurs services.

Cette règle est assez bien respectée dans l'ensemble puisque la plupart du temps, les pouvoirs publics vous imposent de plus en plus de tâches en vous versant le minimum de moyens puisque les caisses sont vides et qu'il y a donc une nécessité de cofinancement. Chacun "se renvoie" la balle pour verser des subventions ingrates au vu des tâches à effectuer mais exige en retour un respect des cahiers des charges très souvent drastiques et élaborés par des bureaucrates sans aucune expérience du terrain. Ces cahiers des charges servent à justifier de la bonne utilisation des fonds publics et des résultats et des effets constatés sur les bénéficiaires tels que cela a été défini avec un surcharge de travail indéniable pas toujours utiles par le biais de comptes rendus, rapports, bilans et notes sociales à fournir aux techniciens de la politique sociale.

Ces nouvelles tâches administratives demandent aux professionnels de ces structures en plus d'avoir une grande capacité de terrain une pluritechnicité et une connaissance générale dans les écrits à effectuer. Ainsi nous pouvons dire que les fonds publics versés généralement aux petites structures de proximité sont utilisés à bon escient.

Malheureusement, cet état de fait n'est pas vrai pour les administrations et les institutions qui gérent cet argent.

Quand je parle d'état de fait sans vouloir généraliser puisque comme partout, il y a ceux qui effectue leur travail consciencieusement et ceux qui le font à titre alimentaire. Je ne parle pas de ceux qui viennent d'être diplômés et qui du jour au lendemain sont catapultés sur des postes où ils seront amenés à gérer des situations des plus délicates.

Cela est encore plus vrai dans le secteur social puisque nous travaillons avec des publics fragilisés. Je vais prendre des exemples sur les assistants sociaux de secteur sans vouloir les stigmatiser mais reconnaissons-le, en la matière, ils sont souvent pris comme référents des familles en situation de fragilité.


L'assistant social qui doit oeuvrer seul sur un secteur sinistré auprès des familles tout le long de mes années d'expériences alors qu'il vient d'obtenir son diplôme à 20 ans, qu'il n' a aucune expérience professionnelle mis à part des stages ici et là de quelques semaines avec son tuteur, qu'il a toujours été "cocooné" avec ses parents à ses côtés pour financer ses études, son permis de conduire, son véhicule afin qu'il suive sa formation surtout sans soucis majeur.

Pensez-vous qu'il sera assez "armé" pour répondre aux besoins et aux demandes ?
Pensez-vous qu'il sera assez "armé" pour placer ou non des enfants ?
Pensez-vous qu'il sera assez "armé" pour expliquer aux parents qui ont un certain vécu leur rôle sur le plan éducatif ?

C'est pourquoi ce professionnel, nous ne pouvions lui en vouloir.

En revanche, le professionnel atteint du syndrome du burn out  ou/et de la réunionnite aiguë lui va mettre considérablement le public qu'il doit accueillir en plus grande difficulté sociale. Et cela est assez  facile à comprendre. Imaginons, la personne dans cette situation en effectuant des démarches de la vie courante, certaines personnes vont naturellement lui conseiller d'aller prendre rendez-vous avec l'assistant social qui dépend de son lieu de résidence. Malheureusement, la personne en question a déjà rencontré cet assistant social mais la communication n'est apparemment pas passé. Et pour cause, la personne en difficulté n'arrive pas à exprimer sa demande tellement il est envahie par les difficultés. Il a ainsi le sentiment de ne pas être compris en plus il a attendu trois semaines voire plus d'un mois son rendez-vous pour repartir comme il est venu mais encore plus dépité. Aujourd'hui, cette personne préfère rester dans ses problèmes qui ne vont certes pas s'arranger que d'avoir eu le sentiment de devoir se justifier de se "mettre à poil" exposant toute sa vie devant un professionnel indisponible et qui ne peuvent se comprendre du fait qu'ils n'ont pas le même langage et qu'ils ne font pas parti du même monde.

Ces professionnels que nous pourrons tous rencontrer un jour où l'autre puisque personne n'est à l'abri d'un accident de la vie sont payés par des fonds publics.

Pourquoi n'ont-ils pas à justifier de leur salaire en leur demandant les résultats obtenus en matière d'insertion des personnes et des familles qu'ils ont accompagnées socialement ?

En revanche, ces mêmes professionnels expliquent aux personnes en souffrance que les aides sociales sont des fonds publics et qu'elles ne peuvent pas être octroyées comme cela. Peut-être une manière comme une autre d'éviter de constituer un dossier et de résumer l'utilité de l'aide.

Pourquoi sont-ils considérés telles des mandarins (ndrl : grands commis et fonctionnaires de l'empire chinois) sur lesquels il est impossible de remettre en question leurs pratiques professionnelles ?
Pourquoi de ce que j'ai écrit certains professionnels du social, de l'insertion, de l'emploi que j'ai rencontré pensent-ils la même chose que moi sans jamais le dénoncer mis à part entre nous ?

La liste d'exemple comme vous pouvez l'imaginer n'est pas exhaustive. D'autres exemples pourraient certainement contredire ces écrits car je suis persuadé et j'en ai rencontré que certains assistants sociaux effectuent leur travail tel une vocation et sont disponibles à l'écoute des demandes tout en détectant les besoins. Toutefois ces exemples ont bien existé et je suis persuadé perdurent quotidiennement.

Ceci est un premier chapitre que je pourrai dans l'analyse agrémenter et améliorer voire développer au fil du temps. Il peut l'être aussi par l'apport à vos expériences, vos commentaires.  Mais d'autres chapitres peuvent être aussi rédiger car j'ai mal à mon social....

(désolé pour les fautes - texte rédigé à 20 heures 48 après une journée de rdv)

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